Découvrez la retraite progressive en 2025 : conditions d’accès, temps partiel, calcul de la pension, démarches à suivre et intérêt pour les salariés en fin de carrière.
Publié le 13 octobre 2022 à 2:06 | Modifié le 22 juin 2026 à 6:16

Depuis le 1er septembre 2025, la retraite progressive est accessible dès 60 ans pour les salariés du privé et les agents publics. Conditions, calcul et rôle des élus du personnel : tout ce qu’il faut savoir pour accompagner cette transition emploi-retraite.

Sommaire

  1. Qu’est-ce que la retraite progressive ?
  2. Les conditions pour en bénéficier en 2025
  3. Comment demander la retraite progressive ?
  4. Comment est calculée la pension partielle ?
  5. Durée, suspension et fin de la retraite progressive
  6. Quel rôle pour les élus du personnel et le CSE ?
  7. Avantages et limites du dispositif
  8. À retenir

 


Qu’est-ce que la retraite progressive ?

La retraite progressive est un dispositif qui permet de travailler à temps partiel tout en percevant une fraction de sa pension de retraite.

L’objectif : offrir une transition en douceur entre activité et retraite définitive.

  • Pour le salarié, c’est une souplesse supplémentaire et un maintien partiel de revenus.
  • Pour l’entreprise, c’est une manière d’anticiper les fins de carrière et de transmettre les compétences.

 

Depuis sa création par la réforme de 2023, le dispositif concernait à la fois le secteur privé et la fonction publique (fonctionnaires et magistrats).

Mais une nouvelle étape a été franchie le 1er septembre 2025 : la retraite progressive est désormais accessible dès 60 ans, à la suite d’une négociation nationale sur l’emploi des seniors.

 

Les conditions pour en bénéficier en 2025

 

L'âge

 

Depuis septembre 2025, l’âge plancher est fixé à 60 ans.

Cela concerne tous les salariés et agents publics (fonctionnaires et contractuels).

 

La durée d’assurance

 

Il faut justifier d’au moins 150 trimestres d’assurance, soit environ 37 ans et demi de carrière.

Concrètement :

  • 1 trimestre = 3 mois cotisés ou assimilés.
  • 150 trimestres = 37 ans et 6 mois (150 ÷ 4 = 37,5 années).

 

Un trimestre peut être validé de plusieurs façons :

  • par les cotisations vieillesse versées sur les salaires (dans la limite de 4 trimestres par an, quel que soit le nombre de mois travaillés)
  • par des périodes assimilées : chômage indemnisé, maladie, maternité, service national, etc.

 

Donc, pour accéder à la retraite progressive, le salarié ou l’agent doit justifier d’au moins 37,5 années de carrière validées, tous régimes confondus.

 

L’activité à temps partiel

 

Pour bénéficier de la retraite progressive, il faut distinguer les deux régimes, celui de la fonction publique et celui du secteur privé.

Alors que dans le secteur public, les fonctionnaires doivent avoir une activité partielle à hauteur de 50 % à 90% d’un temps complet, les salariés du secteur privé doivent avoir réduit leur activité de 40% à 80%.

Une restriction persiste tout de même du côté du secteur public. L’agent ne doit pas exercer une autre fonction en paralèlle.

  • Qu’est-ce que cela représente concrètement pour un salarié du secteur privé en CDI ?

Un salarié ayant un contrat de 35H devra réduire son activité de 14 à 28 heures hebdomadaire.

  •  Quid des salariés en forfait jours ?

Pour une base de 218 jours par an, étant donné le calcul de la durée de travail en jours et non en heures, le salarié en forfait-jours devra travailler entre 88 et 174 jours par an.

 Voici un tableau qui récapitule les conditions par secteur (privé ou public)

 

Situation Âge requis  Trimestres requis Quotité temps partiel
Fonctionnaire 60 ans 150 50% à 90%
Salarié privé 60 ans 150 40% à 80%

 

Attention : le temps partiel thérapeutique ne permet pas d’ouvrir ce droit.

Bon à savoir :

Les salariés en carrière mixte (privé + public) peuvent demander une retraite progressive unique. Le dernier régime d’affiliation instruit la demande et coordonne avec les autres caisses.

Comment demander une retraite progressive ?

La demande doit être anticipée. Une différence entre les deux régimes réside dans le délai de la demande. Un agent de la fonction publique devra formuler sa demander auprès de son employeur et à la caisse de retraite six mois avant la date souhaitée. Le salarié du secteur privé doit faire sa demande dans un délai plus réduit qui correspond à deux mois avant la date de début envisagée.

Pour récapituler : 

 

Statut Démarche Délai recommandé avant la date souhaitée 
Salarié du privé Demande à la caisse de retraite, accord écrit de l’employeur à joindre Minimum 2 mois avant le début de la date souhaitée
Agent public Demande à l’employeur et à la caisse de retraite, sur le compte ENSAP (ensap.gouv.fr) Environ 6 mois avant la date souhaitée

 

L’autorisation de temps partiel doit être transmise au Service des retraites de l’État (SRE) au moins 4 mois avant la date d’effet.

Exemple

En 2025, un salarié né en 1965 peut demander sa retraite progressive dès ses 60 ans, à condition d’avoir validé ses 150 trimestres et obtenu un temps partiel de 70 %.

Comment est calculée la pension partielle ?

La pension partielle est proportionnelle au temps non travaillé

  • À 50 % de temps partiel :  le salarié perçoit 50 % de sa pension en plus de son demi-salaire.
  • À 80 % de temps partiel :  il perçoit 20 % de sa pension en plus de 80 % de son salaire.

 

Le calcul prend en compte :

  • l’ensemble des règles habituelles de liquidation (indice, accessoires de pension, bonifications),
  • un coefficient égal à la quotité non travaillée.

 

Exemple

Un salarié qui aurait droit à une pension complète de 2 000 € :

  • s’il travaille à 50 %, il percevra 1 000 € de pension progressive + 50 % de son salaire,
  • s’il travaille à 80 %, il percevra 400 € de pension progressive + 80 % de son salaire.

 

Durée, suspension et fin de la retraite progressive

Si le salarié repasse à temps plein, ou si l’autorisation de temps partiel prend fin, la retraite progressive est suspendue.

Ce dispositif ne peut être utilisé qu’une seule fois. Un retour à temps plein met définitivement fin au dispositif.

 

Quel rôle pour les élus du personnel et le CSE ?

Les élus CSE et représentants du personnel ont un rôle essentiel :

  • Informer les salariés de ce nouveau droit accessible dès 60 ans.
  • Accompagner les démarches, notamment en cas de refus de l’employeur.
  • Négocier des accords facilitant l’accès au temps partiel en fin de carrière.
  • Prévenir les discriminations liées à l’âge ou au passage à temps partiel.

Bon à savoir :

La CFDT revendique que la retraite progressive devienne un droit opposable : c’est-à-dire que l’accord de l’employeur ne soit plus nécessaire.

Avantages et limites du dispositif

 

Avantages Limites
Transition progressive entre emploi et retraite Accord de l’employeur toujours nécessaire en 2025
Maintien d’une partie du revenu grâce au cumul salaire + pension Complexité administrative (délai de 6 mois pour l’instruction).
Transmission des compétences aux plus jeunes. Condition stricte de 150 trimestres.

 

À retenir

Depuis le 1er septembre 2025, la retraite progressive est accessible dès 60 ans pour tous les salariés et agents publics.

Les conditions restent : 150 trimestres validés et un temps partiel entre 50 % et 90 %. La pension progressive est calculée proportionnellement à la quotité non travaillée.

Les élus du personnel ont un rôle clé d’information, d’accompagnement et de négociation en interne. Mais, le débat continue : la CFDT milite pour en faire un droit opposable.

Le salon
Le salon

Actualités