Comprenez l’impact de l’IA en entreprise, ses effets sur les métiers et le rôle du CSE pour accompagner les salariés et encadrer les usages.
Publié le 13 octobre 2022 à 2:06 | Modifié le 19 juin 2026 à 3:50

L'évolution de l’intelligence artificielle, comparable aux grandes ruptures technologiques telles que le passage au numérique, transforme les métiers.

Deux questions majeures se posent : Quel rôle pour le CSE face à l’IA ? Et comment préparer et protéger les salariés ?

Frédéric Ruault, formateur et conferencier d’AI DEO, vous apporte des réponses claires et des repères pour comprendre les transformations à venir.

Sommaire

  1. Comprendre l’IA et les transformations qu’elle provoque
  2. Comment l’IA change les métiers et l’organisation du travail
  3. Le rôle essentiel du CSE face au déploiement de l’IA
  4. Les outils d’IA utiles aux élus pour mieux travailler
  5. À retenir

 

Comprendre l’IA et les transformations qu’elle provoque

L’intelligence artificielle s’inscrit dans une dynamique déjà ancienne. Les premières recherches remontent en 1956, mais son utilisation au quotidien s’est véritablement imposée au cours de la dernière décennie.

Depuis une dizaine d’années, des formes d’IA souvent basées sur le deep learning sont déjà présentes dans notre quotidien, principalement au sein de services proposés par de grandes entreprises : recommandations sur Netflix, navigation avec Waze, moteur de recherche de Google ou analyse d’images médicales.

Ces systèmes ne sont pas génératifs : ils classent, détectent, reconnaissent, etc. à partir de données existantes.

Cette dynamique illustre la capacité de ces technologies à transformer simultanément de nombreux secteurs.

L’intelligence artificielle est souvent présentée comme une révolution, mais il s’agit avant tout d’une évolution continue. Le principal risque est de considérer qu’elle n’aura aucun impact sur son métier ou sur son organisation. Face à ces transformations, rester immobile revient à subir la vague technologique plutôt que de l’anticiper. Comprendre ce que ces outils peuvent changer permet d’adopter un positionnement actif et d’éviter d’être spectateur de ces mutations.

Bon à savoir :

L’IA ne “comprend” pas comme un humain : elle calcule. En s’appuyant sur d’immenses volumes de données, elle analyse les informations reçues et génère une suite de mots probable selon ce qu’elle a “appris”. Elle prédit. Ses productions ne sont donc pas des vérités, mais des résultats statistiques plausibles issus de son entraînement. 

Comment l’IA change les métiers et l’organisation du travail

L’IA modifie progressivement la manière dont les tâches sont effectuées. Selon les analyses partagées dans la conférence, près de 45 % du temps de travail pourrait être automatisé dans les dix prochaines années. Ce chiffre englobe aussi bien les activités administratives que certaines tâches manuelles grâce aux progrès de la robotique.

Les transformations ne concernent pas uniquement l’automatisation. Elles touchent également la nature des compétences attendues. Les technologies automatisées peuvent remplacer certaines tâches répétitives, mais Les salariés doivent désormais identifier leurs atouts distinctifs : créativité, capacité de décision, gestion des situations complexes ou relation client. Ces dimensions restent essentielles dans un contexte où les outils numériques peuvent traiter des volumes importants d’informations plus rapidement.

L’usage de l’IA apporte aussi des limites que les entreprises doivent connaître : 

  • Risque de réponses erronées ou inventées (hallucinations).
  • Possibilité de biais liés aux éléments d’entraînement
  • L’IA ne dit jamais “je ne sais pas”, ce qui impose de vérifier ses réponses en lui demandant ses sources.
  • Risques de confidentialité en cas d’usage d’outils externes traitant des données sensibles.
  • Nécessité d’un cadre réglementaire clair pour sécuriser les usages

Bon à savoir :

L’usage d’outils d’intelligence artificielle par les employés en dehors des procédures, des outils officiels et du contrôle de l’organisation est appelé shadow IA. Ce phénomène peut entraîner des risques importants en matière de sécurité et de confidentialité.

Le rôle essentiel du CSE face au déploiement de l’IA

L’intégration de l’IA en entreprise implique des obligations légales. La jurisprudence du 14 février 2025 rappelle que tout outil innovant modifiant l’organisation ou les conditions de travail doit être soumis à la consultation du CSE (C. trav., art. L.2312-8 II 4°). Celle-ci permet aux élus d’évaluer les impacts sur les salariés et de vérifier la conformité aux règles, notamment en matière d’informations personnelles.

L’encadrement de l’intelligence artificielle repose sur un cadre juridique strict:En exigeant notamment que les éléments soient hébergés au sein de l’Union européenne et protégés contre tout transfert non maîtrisé.

Sur l’hébergement, les accès et les mesures de sécurité appliquées aux données sensibles afin de garantir un usage conforme et sécurisé correspondant au cadre législatif.

Le CSE peut aussi solliciter une expertise indépendante, financée par l’entreprise, pour évaluer objectivement les impacts techniques, organisationnels et sociaux des outils d’IA.

Au-delà du contrôle, le CSE contribue à définir un usage responsable de l’IA, notamment en demandant la création de chartes internes encadrant les pratiques, les limites, le traitement des données et les mesures de protection.

Il joue également un rôle central dans l’accompagnement des salariés, en soutenant la formation et l’adaptation des compétences pour que les évolutions technologiques soient comprises et anticipées plutôt que subies.

 

Lire aussi : Intelligence artificielle au travail : quels impacts ?

Bon à savoir :

L’entreprise doit garantir un hébergement européen des données, conforme aux exigences réglementaires. Certaines solutions, comme celles de Mistral, solution Française et européenne répond directement au cadre législatif.

Également Mistral propose certain de ces modèles en open source permettant une internalisation complète du système, sans transfert vers des datacenters* externes, mais demandant une infrastructure en interne conséquente et technique.

Les outils d’IA utiles aux élus pour mieux travailler

L’intelligence artificielle peut aussi devenir un appui concret dans le quotidien professionnel. En automatisant des tâches à faible valeur ajoutée : synthèses de réunions, reformulation de textes, création de tableaux ou analyse de documents volumineux.

Elle permet de gagner un temps précieux et de gagner en efficacité. Elle facilite également l’accès à l’information et aide à mieux comprendre des sujets techniques, tout en nécessitant un usage vigilant pour éviter erreurs et approximations.

Plusieurs outils d’intelligence artificielle peuvent aider les élus dans leurs missions :

 

Outil Type Usages
Midjourney & Nano Banana (Google) Génération d’images Création d’images réalistes ou stylisées, illustrations, concepts visuels
ElevenLabs Synthèse vocale Génération de voix, doublage, narration, effets d’intonation
Suno Génération musicale Création de musiques originales, jingles, fonds sonores multimédias
Google V03 Génération vidéo Production de vidéos complètes (image + son) à partir de texte
ChatGPT / Mistral / Claude / Gemini IA conversationnelle Rédaction, reformulation, analyse documentaire, assistance à la décision
Notebook LM (Google) Synthèse et analyse de documents Résumés, comptes rendus, présentation de contenus
Gamma Création de présentations type PowerPoint  Diaporamas automatisés, supports structurés
Napkin Visualisation d’idées Création de schémas, représentations visuelles, explication de concepts
Canva Création graphique assistée par IA Affiches, brochures, supports de communication institutionnelle

 

L’utilisation de ces outils doit cependant respecter des règles strictes, notamment en ce qui concerne la protection des données sensibles. Les élus doivent s’assurer que les documents transmis ne contiennent pas d’informations confidentielles.

À retenir

L’intelligence artificielle transforme profondément les entreprises et les métiers, ce qui exige une adaptation continue des compétences.

Le CSE a un rôle clé : encadrer l’usage de ces technologies, anticiper les risques et accompagner les salariés.

Adopter une posture proactive permet aux élus de comprendre les outils, d’évaluer leurs effets et de devenir des interlocuteurs stratégiques. En étant force de proposition, le CSE contribue pleinement à la conduite du changement : il participe à leur mise en œuvre, renforce le dialogue social et contribue à une intégration de l’IA plus responsable.

L’intelligence artificielle et ses différents outils peuvent devenir un véritable atout, à condition d’être utilisée conformément à la loi et au service de l’humain, qui doit rester au cœur de la transformation numérique.

A.I DEO, entreprise experte accompagnant les organisations dans l’adoption d’une intelligence artificielle éthique, sécurisée et utile au service de leurs enjeux.

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