La loi n°2025-1249 du 22 décembre 2025 crée un véritable statut de l'élu local.

Absences autorisées, crédits d'heures, protection contre le licenciement : voici ce qui change pour les salariés qui exercent un mandat municipal, départemental ou régional.





Un nouveau statut de l'élu local : pourquoi c'est important ?


Jusqu'alors, les droits des salariés exerçant un mandat local étaient épars, peu connus et parfois mal appliqués. La loi n°2025-1249 du 22 décembre 2025 portant création d'un statut de l'élu local vient consolider l'ensemble de ces droits dans un cadre cohérent, applicable dès 2026.


Ce texte concerne tous les salariés du secteur privé exerçant un mandat local : conseillers municipaux, adjoints au maire, maires, conseillers départementaux, conseillers régionaux et leurs exécutifs.

Deux enjeux : 

  • permettre aux élus d'exercer pleinement leur mandat sans sacrifier leur activité professionnelle
  • et garantir aux employeurs une visibilité sur les absences et leurs conséquences

Ce nouveau statut s'applique à tous les salariés du privé exerçant un mandat local, quelle que soit la taille de l'entreprise ou la nature du contrat de travail.

Source : Loi n°2025-1249 du 22 décembre 2025, Code général des collectivités territoriales, articles L2123-1 à L2123-6

 


Les absences autorisées pour exercer son mandat


Tout salarié élu local a le droit de s'absenter pour participer aux instances liées à son mandat. L'employeur ne peut pas s'y opposer, sous réserve d'un préavis écrit dès que le salarié a connaissance de la date de l'absence.

 

Quelles réunions sont concernées ?

Les absences sont autorisées pour :

  • Les séances plénières du conseil (municipal, départemental ou régional)
  • Les réunions des commissions dont l'élu est membre
  • Les réunions des assemblées délibérantes et bureaux des organismes où il représente sa collectivité
  • Les commémorations nationales et cérémonies protocolaires

Durée et formalités

La durée des absences n'est pas définie par avance : le salarié bénéficie du temps nécessaire pour se rendre et participer aux réunions. Il doit simplement en informer son employeur par écrit, dès qu'il a connaissance de la date et de la durée de l'absence.

 

Bon à savoir :

Ces absences sont assimilées à du temps de travail effectif : elles comptent pour le calcul de l'ancienneté et des droits à congés payés.

Le salarié élu ne peut faire l'objet d'aucune sanction (licenciement, déclassement, sanction disciplinaire) du fait de ces absences.


Le crédit d'heures : durées et modalités selon le mandat


En complément des absences autorisées, chaque élu local salarié dispose d'un crédit d'heures trimestriel pour gérer les affaires de sa collectivité et préparer les réunions. Ce crédit est distinct des absences autorisées et vient s'y ajouter.

 

Pour les élus municipaux


Le crédit d'heures varie selon la fonction exercée et la taille de la commune :

Fonction Taille de la commune Crédit d'heures / trimestre
Conseiller municipal Moins de 10 000 habitants 10h30
Conseiller municipal Entre 10 000 et 29 999 habitants 21h
Conseiller municipal Entre 30 000 et 99 999 habitants 35h
Conseiller municipal 100 000 habitants ou plus 70h
Adjoint au maire Moins de 10 000 habitants 70h
Adjoint au maire Entre 10 000 et 29 999 habitants 122h30
Adjoint au maire / Maire 30 000 habitants ou plus 140h
 Maire  Moins de 10 000 habitants  122h30

 

 

Pour les élus départementaux et régionaux


Les conseillers départementaux et régionaux bénéficient de 105 heures par trimestre. Les présidents et vice-présidents de conseil départemental ou régional disposent de 140 heures par trimestre.

Source : CGCT articles L3123-1 à L3123-4 (départemental) et L4135-1 à L4135-4 (régional)


Règles communes à tous les mandats

  • Le crédit d'heures est réduit proportionnellement en cas de travail à temps partiel
  • Les heures non utilisées ne sont pas reportables d'un trimestre à l'autre
  • La durée cumulée des absences autorisées et du crédit d'heures ne doit pas dépasser 803 heures 30 par an
  • Le crédit peut être majoré de 30 % maximum dans certaines communes (chef-lieu de département, station de tourisme, commune sinistrée)


Pour utiliser son crédit d'heures, le salarié doit informer son employeur par écrit au moins 3 jours avant l'absence, en précisant la date, la durée et le solde de crédit d'heures encore disponible au titre du trimestre.

 

Rémunération pendant les absences

L'employeur n'a pas l'obligation de rémunérer les temps d'absence liés au mandat. Toutefois, les pertes de revenu subies par l'élu qui ne perçoit pas d'indemnités de fonction peuvent être compensées par la collectivité, dans la limite de 100 heures par an, à raison d'un montant maximum de 18,03 € par heure.

Suspension du contrat de travail

Les maires, adjoints au maire, présidents et vice-présidents de conseils départementaux et régionaux peuvent demander la suspension de leur contrat de travail pour toute la durée de leur mandat, à condition de justifier d'une ancienneté minimale d'1 an dans l'entreprise à la date de leur entrée en fonction.

À l'issue du mandat, le salarié peut demander à être réintégré dans son emploi précédent ou dans un emploi équivalent, avec une rémunération au moins équivalente.


Bon à savoir :

Le salarié élu local bénéficie d'un entretien avec son employeur au début et à la fin de son mandat. Cet entretien porte sur les modalités pratiques d'exercice du mandat, l'activité professionnelle et les droits à la formation.


Absence pour campagne électorale : un droit distinct


Le statut de l'élu local prévoit également un droit spécifique pour les salariés candidats à un mandat local : ils peuvent bénéficier d'une autorisation d'absence pour participer à la campagne électorale.

Ce droit s'applique sans condition d'ancienneté et ouvre droit à 20 jours ouvrables d'absence. Le salarié doit prévenir son employeur 24 heures à l'avance (par écrit ou oralement). L'employeur ne peut pas refuser, sauf si ce délai n'est pas respecté.

Source : LL3142‑79 du code du travail

Ces jours peuvent, à la demande du salarié, être décomptés de ses congés payés. Dans le cas contraire, ils ne sont pas rémunérés mais peuvent donner lieu à récupération, en accord avec l'employeur.

Qu'elles soient rémunérées ou non, les absences pour campagne électorale sont assimilées à du temps de travail effectif et comptent pour l'ancienneté et les congés payés.


Quel rôle pour le CSE face à un salarié élu local ?


L'entrée en vigueur du statut de l'élu local en 2026 crée de nouvelles situations que le CSE doit anticiper, notamment en matière de suivi des absences, de remplacement et de maintien de l'égalité de traitement. 

Le CSE peut intervenir sur plusieurs niveaux :

  • S'assurer que les salariés élus locaux connaissent leurs droits et que l'employeur les respecte effectivement
  • Veiller à ce que ces absences ne donnent lieu à aucune discrimination dans l'évolution professionnelle ou salariale
  • Intégrer ces absences dans la réflexion sur l'organisation du travail et les remplacements
  • Aborder le sujet dans le cadre de la consultation sur la politique sociale et les conditions de travail
  • Vérifier que les entretiens de début et de fin de mandat sont bien organisés par l'employeur

 


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À retenir

 

  • La loi n°2025-1249 du 22 décembre 2025 crée un statut de l'élu local, applicable dès 2026, qui consolide les droits des salariés exerçant un mandat municipal, départemental ou régional.
  • Tout salarié élu a droit à des absences autorisées pour participer aux réunions liées à son mandat, sans que l'employeur puisse s'y opposer.
  • Un crédit d'heures trimestriel s'y ajoute, dont la durée varie de 10h30 à 140h selon la fonction et la taille de la collectivité.
  • La durée cumulée des absences et du crédit d'heures ne peut pas dépasser 803h30 par an.
  • Le salarié élu local est protégé contre toute sanction ou licenciement lié à l'exercice de son mandat.
  • Le CSE a un rôle à jouer pour s'assurer du respect de ces droits et anticiper l'impact sur l'organisation du travail.


La recommandation du MAGCSE :

Profitez de la mise en œuvre de ce nouveau statut pour faire le point avec la direction sur les situations existantes dans votre entreprise : combien de salariés exercent un mandat local ? Leurs droits sont-ils connus et respectés ?

C'est également l'occasion d'informer l'ensemble des salariés de ces droits via vos supports de communication CSE.




FAQ

1. Qu’est-ce que le statut de l’élu local salarié en 2026 ?
Le statut de l’élu local salarié 2026 encadre les droits des salariés ayant un mandat local (maire, conseiller, adjoint). Il facilite la conciliation travail et mandat électif et sécurise leur situation professionnelle.
2. Quelles sont les absences autorisées pour un élu local salarié ?
Un élu local salarié peut s’absenter pour : •conseils municipaux ou réunions officielles •commissions et instances représentatives Ces absences pour mandat local sont un droit, l’employeur ne peut pas les refuser.
3. Comment fonctionne le crédit d’heures d’un élu local ?
Le crédit d’heures élu local permet de préparer et gérer le mandat. •de 10h30 à 140h par trimestre •variable selon la fonction et la collectivité Il s’ajoute aux absences et reste plafonné annuellement.
4. Quelle protection pour un salarié élu local ?
Le salarié élu local bénéficie d’une protection contre le licenciement et les sanctions. Aucune mesure défavorable ne peut être liée à son mandat électif.
5. Quel est le rôle du CSE pour les élus locaux salariés ?
Le CSE veille au respect du statut de l’élu local en entreprise. Il agit pour : •prévenir les discriminations •organiser le travail •informer les salariés
 
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